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Les mains des nouveaux venus


Lorsque le tribunal a ordonné à un de mes fils d’assister aux réunions des Alcooliques Anonymes, ce fut la preuve que notre mal familial avait atteint la génération suivante. Je me sentais soulagée que mon fils reçoive un traitement, cependant j’étais obsédée par les effets de l’alcoolisme sur sa vie. Je savais que mon assistance aux réunions Al-Anon ne pouvait attendre.

Ma première réunion a eu lieu par un agréable soir du début de l’été. Le soleil de fin d’après-midi rayonnait à travers les vitraux de l’église. Quelqu’un a glissé vers moi le livre Le Courage de changer, ouvert à la page des Douze Étapes. Quand j’ai dit que j’étais une nouvelle venue, les membres ont lu la formule de bienvenue. Sa clarté et sa simplicité m’ont rendue à l’aise.

Après la réunion, les membres ont consulté la conscience de groupe au sujet de quelque chose qui était arrivé pendant la réunion. J’étais curieuse, alors je suis restée pour voir comment le groupe s’occupait des situations exceptionnelles. J’ai eu l’occasion de donner mon avis, même si j’étais une nouvelle venue. Je suis partie ce soir-là avec un sentiment d’appartenance, sachant que j’avais enfin trouvé « mon » groupe de gens.

Après avoir assisté aux réunions Al-Anon pendant plusieurs semaines, je me suis réveillée un matin en pensant « Où est-ce que t’ai été toute ma vie ? » La réponse se trouvait juste là sur le mur, où trônait notre arbre généalogique. Pour la première fois, j’ai réfléchi à la consommation excessive d’alcool et à l’alcoolisme des membres de ma famille que j’avais connus, Mes deux grands-pères étaient alcooliques. Mes parents et un oncle avaient passé plusieurs années à boire énormément. Une de mes tantes avait épousé un alcoolique. Un cousin était mort dans la trentaine d’une cirrhose du foie, et maintenant mon fils entreprenait son rétablissement.

Lorsque j’étais adolescente, j’avais consciemment pris la décision de ne pas boire d’alcool. Pourtant, j’avais grandi entourée de personnes ayant un comportement d’alcoolique, et il en était de même de mes fils. Après quelques années dans Al-Anon, j’en suis venue à me rendre compte à quel point la négation peut avoir d’emprise sur les gens. Par exemple, presque vingt ans après le décès de mon cousin, sa mère ne reconnaît pas encore la cause de sa mort. Alors que je discutais avec mon fils d’autres exemples de négation, celui-ci a dit simplement : « L’alcoolisme est une maladie de négation. »

Je n’ai pas encore atteint le point où je peux calmement me détacher avec amour en présence de la personne dans notre famille qui boit encore. je reconnais cependant que j’ai le choix quant au temps que je passe avec elle. Parfois, je recommence à penser de façon obsessive et à éprouver du ressentiment ou de la tristesse parce que j’ai transmis cette maladie à mon fils. Je sais que la sagesse puisée dans la documentation approuvée par la Conférence, ainsi que l’amitié et la puissance d’Al-Anon m’aideront à progresser et à changer.

Nos réunions se terminent par des rires et des accolades alors que nous nous encourageons mutuellement à revenir. Récemment, un amis a célébré un autre anniversaire dans Al-Anon. C’est lui qui glisse le livre Le Courage de changer, déjà ouvert à la page des Douze Étapes, dans les mains des nouveaux venus quand ils se joignent à nous pour leur première réunion.

Par Sandra B., Vermont

Permission accordée par Le Forum, Al-Anon Family Group Headquarters, Inc., Virginia Beach, VA

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