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Dans Al-Anon, je suis libre
d'être moi-même

 

Dans Al-Anon, Je suis libre d’être moi-même

J’ai adhéré à Al-Anon il y a quatorze années de cela, lorsque mon compagnon a découvert la sobriété. Nous nous sommes rencontrés au secondaire, mais notre relation n’a débuté qu’au collège. L’alcool était présent dès le début de notre relation de trente ans.

Mon compagnon était musicien. Il travaillait dans un environnement où la drogue et l’alcool étaient répandus. J’en prenais moi aussi, mais je ne souffrais pas de la maladie de l’alcoolisme.

Je n’ai pas grandi dans un foyer affecté par alcoolisme. Mes parents m’avaient surprotégé; j’ai appris à prendre soin des autres. Naturellement, j’ai rencontré quelqu’un qui avait besoin d’être materné. Ce rôle me convenait bien.

Mon compagnon avait essayé de me convaincre de déménager loin de l’État où nous vivions. Il buvait beaucoup et avait perdu son emploi. J’ai résisté à l’idée de déménager en raison de liens familiaux solides.

Un jour, je me suis arrêté chez mes parents après le travail. Ma mère a commencé sa rengaine : « Quand te décideras-tu à prendre une femme et à avoir des enfants? » J’ai pris conscience que je ne vivrais jamais ma vie en paix. Je suis rentré à la maison et j’ai accepté de déménager. Nous avons choisi le Pacifique Nord-ouest. Bien sûr, cela n’a pas mis un terme à la consommation d’alcool. J’ai rapidement trouvé un bon emploi, mais cela n’a pas été le cas pour mon compagnon.

Un jour, il a été hospitalisé après une attaque provoquée par sa consommation d’alcool. Il est resté à l’hôpital pendant dix jours, jusqu’à ce que les états de manque disparaissent. Personne n’a fait mention des Alcooliques Anonymes ou de la réhabilitation pour les consommateurs de drogues et d’alcool. J’ai téléphoné aux services d’assistance, mais on me disait sans cesse que je ne pouvais rien faire parce que nous et n’étions pas mariés ou parents.

 
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J’ai tenté de contrôler la situation. J’ai beaucoup crié. J’ai vidé de nombreuses bouteilles. J’ai laissé diverses notes lui demandant de ne pas acheter d’alcool ce jour-là. Cela ne m’a pas mené bien loin. La spirale finale a été très rapide. En l’espace de quelques mois, il est tombé gravement malade. Son médecin lui a recommandé d’aller dans un centre de réhabilitation.

Il a disparu dans ce centre et je n’ai pas eu de ses nouvelles pendant trois jours. Nous n’avions pas connaissance de l’existence des formulaires qui pouvaient me donner accès aux informations le concernant. Comme nous n’avions aucun lien de parenté légitime, on refusait même de confirmer s’il se trouvait bien à cet endroit.

Lorsqu’il a pu me téléphoner, il m’a demandé d’aller au programme familial offert par le centre de traitement et m’a parlé d’Al‑Anon. J’ai reconnu que ce programme était un endroit où je pouvais trouver de l’aide.

Je prenais garde de ne pas révéler mon orientation sexuelle. Je faisais attention aux pronoms que j’utilisais. Au début, ce n’était pas trop difficile parce que je parlais peu; mais j’écoutais. Puis j’ai commencé à me faire des amis. J’ai commencé à me confier à certains membres sur une base individuelle; peu d’entre eux étaient surpris.

Finalement, j’ai à mon groupe d’appartenance que j’étais homosexuel. Ils ont tout simplement souri et m’ont donné une accolade. Je me suis engagé dans le service et j’ai occupé des fonctions au niveau de la Circonscription.

Mon orientation sexuelle n’a jamais été un obstacle. Je suis devenu Guide Alateen et je suis maintenant la personne chargée de la procédure Alateen de ma Circonscription. Je suis responsable de la qualification des Guides Alateen et je m’assure du respect des directives de sécurité Alateen.

De nombreux membres Alateen qui font partie du groupe que je parraine ont trouvé qu’Alateen était un endroit sûr pour révéler leur homosexualité. J’ai pu les aider en partageant mon expérience, ma force et mon espoir.

Assurément, Al‑Anon est un endroit pour tous. L’amour et le soutien que j’ai reçus du programme m’ont aidé dans beaucoup de moments difficiles. Dans Al‑Anon, je peux être moi-même.

Anonyme, Washington
The Forum, aout 2009

 
Cet article peut être reproduit sur votre site Web ou dans votre bulletin de nouvelles en précisant : Permission accordée par la revue The Forum, Al-Anon Family Group Headquarters, Inc., Virginia Beach, VA.

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