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Le rétablissement contribue à réparer

une relation entre un père et son fils

 

J’ai passé la majeure partie de ma vie dans la dépression. La seule chose qui changeait, c’était le degré de dépression, fluctuant entre modéré et sévère. Rien ne m’aidait vraiment; les médicaments ne faisaient qu’ajuster mon état, le modulant de sévère à tolérable.

 

Ma vie a changé lorsque j’ai découvert Al‑Anon. J’ai réalisé que j’avais des besoins. Puis j’ai graduellement appris à m’occuper de ces besoins. Plus important encore, j’ai appris ce que se sentir en paix avec soi-même signifiait. Ce n’était pas une leçon facile. Il m’a fallu mettre les Étapes en pratique, trouver un Parrain et accepter le processus d’abandon à une Puissance Supérieure.

 

Je n’avais pas eu de contact avec ma famille depuis plus de dix ans lorsque j’ai retrouvé mon père. Il avait été sans-abri et voyageait d’une mission de sauvetage à l’autre. Il avait découvert le programme AA.

Nos programmes de rétablissement respectifs nous avaient permis de faire amende honorable. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu l’occasion de savoir ce que c’était d’avoir un père. Notre relation n’était pas parfaite. Au moins, il n’était pas ivre et je pouvais communiquer avec lui, ce qui était une expérience considérablement différente de celle de mon enfance.

 

Avant son décès, nous avons tous deux dit tout ce que nous avions sur le coeur. Il est décédé sachant que je l’aimais, et je savais qu’il m’aimait aussi. Je suis heureux d’avoir pu faire sa connaissance au cours des quinze derniers mois de sa vie, quand il était en meilleure santé. Son décès m’a anéanti. J’avais le sentiment que Dieu m’avait permis de le retrouver et me l’avait repris. C’était une période trop courte avec un père que je n’avais jamais connu.

 

Al‑Anon m’a aidé à accomplir un miracle. La mort de mon père m’a appris à rester serein face à l’épreuve de la souffrance. J’ai fini par faire l’expérience d’une chose dont j’avais souvent entendu les membres Al‑Anon « de longue date » parler – et mieux encore, je l’ai vécu moi-même.

 

J’ai ressenti un certain degré de sérénité qui ne dépendait pas des circonstances de l’extérieur, mais plutôt de l’intensité de mon contact conscient avec une Puissance Supérieure. Cela était, a été, et continue d’être apaisant.

 

Avec Al‑Anon, j’ai appris à accepter la souffrance au fil des ans; cette souffrance semblait être à propos. J’avais fini par comprendre que la souffrance n’était pas mon ennemi; j’avais souvent appris des leçons de valeurs grâce à elle. Cela avait toujours été ma propre résistance à la souffrance qui intensifiait ma tristesse plus que la souffrance elle-même.

 

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« Al‑Anon m’a aidé à accomplir un miracle. Le décès de mon père m’a appris à rester serein face à l’épreuve de la souffrance. »

 

L’épreuve de la mort de mon père s’est avérée un cadeau parce que j’ai appris comment faire son deuil et accepter la souffrance sans le chagrin. Il y a une année de cela, à cette même époque, j’ai complètement cessé de prendre mes médicaments contre la dépression. Aujourd’hui, je ne bataille plus avec qui que ce soit, ou quoi que ce soit – surtout avec mes propres sentiments. J’en suis arrivé à croire que tous mes sentiments comptent, même ceux que je ne n’accueille pas de manière intentionnelle.

 

Aujourd’hui, je suis reconnaissant de cette démarche vers le rétablissement. Grâce à Al‑Anon, vivre dans la sérénité est devenu aussi naturel dans ma vie que la dépression l’était jadis.

 

Par Michael W., Californie

The Forum, février 2010

 

Permission accordée par The Forum, Al-Anon Family Group Headquarters, Inc., Virginia Beach, VA.

 

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