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Je ne puis changer mon

fils, mais je peux me

changer moi

 

C’est mon anniversaire aujourd’hui – et tout ce que je veux, c’est vous remercier pour tous les bienfaits que j’ai reçus d’Al‑Anon. Vous m’avez tous aidée et vous avez partagé d’une façon qui m’a touchée. Vous m’avez aidée à voir qu’il était possible d’endurer la souffrance et d’accepter le fait que mon fils ait un problème d’alcoolisme et de toxicomanie.

 

Mon fils a presque vingt ans. Au cours des cinq dernières années, il a suivi cette trajectoire destructrice. Je ne peux rien changer au fait qu’il a tendance à maltraiter son corps. Ses actes menacent de détruire cette vie que Dieu lui a offerte. Il refuse d’accepter qu’il a un problème.

 

J’étais submergée par la peur et l’anxiété à cause de sentiments irrésolus dans le passé. J’ai grandi dans le contexte de l’alcoolisme. Ma mère était une alcoolique. Mes parents ont divorcé et mon père a quitté le domicile familial quand j’avais six ans. Si j’avais bel et bien eu une enfance, alors celle-ci était ensevelie dans mes souvenirs. Je suis devenue une pseudo adulte et j’ai pris soin de ma mère. J’étais la petite fille idéale – si responsable et si consciencieuse.

 

Je passais tous mes étés avec mes grands-parents maternels. Là-bas, j’ai appris comment ma merveilleuse grand-mère s’y prenait avec mon grand-père alcoolique, lequel était bourru et abusif. Je marchais sur des oeufs, prête à me faire à ses accès de rage.

 

Alors que je pensais savoir tout ce que je devais savoir concernant l’alcoolisme, ma mère s’est remariée (et mon beau-père était un alcoolique). Il criait et nous battait, mon petit frère et moi et nous avions l’habitude de nous cacher. Nous n’invitions jamais d’amis et il n’y avait pas de dîners en famille.

 

Je me suis promis que mes enfants n’auraient jamais à vivre cela, alors je ne buvais pas d’alcool. J’avais l’intention d’être la meilleure des mamans. Pourtant, malgré mon apparence forte et indépendante, je portais en moi les conséquences d’avoir grandi en tant que petite fille effrayée et confuse.

 

J’ai souffert d’insuffisance cardiaque pendant près de treize années. J’ai fui un mariage qui était toxique. Je n’étais pas en sécurité et je refusais de laisser mes fils croire que le comportement de leur père était correct. J’ai dû obliger mon ex-époux et mon fils bien-aimé à quitter notre domicile par ordre de la cour– je ne pouvais plus supporter leur rage et leurs insultes. J’avais failli à ma promesse d’offrir à mon fils la famille qu’il méritait.

 

À une certaine époque, je croyais que j’étais responsable de l’alcoolisme et de la toxicomanie de mon fils. La réhabilitation en centre de consultations externes avait échoué et tous mes espoirs pour son rétablissement étaient brisés. Un homme compatissant m’a remarquée, seule dans le terrain de stationnement et incapable d’entrer dans mon auto et de rentrer chez moi parce que j’étais trop abattue. Je ne pouvais pas arrêter de pleurer. Il m’a suggéré d’aller aux réunions Al‑Anon pour les parents.

 

J’ai trouvé le courage d’aller à la réunion Al‑Anon et j’ai persévéré. J’ai lu la documentation et j’ai travaillé sur les Douze Étapes. J’ai graduellement appris à accepter l’idée que j’étais impuissante face à l’alcool et que la culpabilité – laquelle me rongeait au point que je ne tenais plus à la vie – était inutile.

 

Avec le travail et la foi, j’en suis venue à croire que la seule façon d’aider mon fils était de le remettre aux soins de Dieu, et de l’aimer tel qu’il était –sans condition. J’ai dû accepter l’idée que la maladie mortelle de l’alcoolisme puisse me le voler. À l’instant même où j’ai abandonné et lâché prise, un lourd fardeau a été enlevé de mes épaules et j’ai réalisé que je n’étais pas responsable des choix de mon fils.

 

« J’avais l’intention d’être la meilleure des mamans. »

 

Dans Al‑Anon, j’ai appris que la seule personne que je pouvais changer, c’était moi. J’ai appris cela grâce à mon fils. Lorsque je me sentais vraiment désespérée à cause de ses problèmes, je me tournais vers les salles Al‑Anon pour sortir du déni. Mon obsession et la déraison me dérobaient du peu de vie

qui me restait.

 

Je ne peux pas régler mon fils parce qu’il a décidé de continuer l’alcool et la drogue. Il ne peut pas le contrôler, et même avec tout l’amour que je lui porte, il m’est tout de même impossible de le guérir.

 

Je continue à apprendre à m’occuper de mes affaires et à mener ma vie sans peur et sans regret : « un jour à la fois ». Je continuerai à assister aux réunions.

 

Par Sharon C., Californie

The Forum, juin 2011

 

Permission accordée par The Forum, Al-Anon Family Group Headquarters, Inc., Virginia Beach, VA.

 

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