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Apprendre a accepter

le décès d’un être cher des suites de l’alcoolisme

 

Ce n’est pas la victoire qui m’a mené vers Al‑Anon, c’est le désespoir. J’y suis allé à la recherche de certaines stratégies particulières permettant de faire cesser quelqu’un de boire. Au contraire, j’ai appris que je n’en étais pas la cause, je ne pouvais pas la contrôler et je n’en connaissais pas la cure.

 

La première fois que j’ai entendu le mot sérénité, j’étais loin de m’imaginer assis au sommet de la montagne avec un sourire béat. Au contraire, j’ai appris comment développer la sérénité pour avoir une sensation d’équilibre et de stabilité, même lorsque les vagues du chaos s’élevaient autour de moi.

 

« Vivre au contact de l’alcoolisme en phase active était comme voir une personne se faire enlever par la mer et la voir se noyer. »

 

Vivre au contact de l’alcoolisme en phase active était comme voir une personne se faire enlever par la mer et la voir se noyer. J’avais l’impression que plus je mettais mon programme en pratique et j’apprenais à rester à flot, et plus rapide était mon déclin. J’ai lâché prise sur les attentes irréalistes, j’ai mis en pratique le détachement avec amour et je me suis répété la Prière de Sérénité.

 

Avant mon adhésion au programme, je pensais avoir atteint mon bas-fond, mais après cela, j’ai découvert un nouveau fond. En rétrospective, je crois qu’Al‑Anon m’a sauvé la vie en m’offrant les principes spirituels et une communauté aimante qui m’a aidé à surmonter le chapitre suivant de ma vie.

 

Observer une personne mourir des suites de l’alcoolisme, c’est comme avoir un cauchemar persistant. Je me rappelle encore les images et les bruits dans la chambre d’hôpital où mon aimée a lâché son dernier soupire avant que la salle ne sombre dans le silence lorsqu’ils ont éteint l’appareil de maintien de vie et que les bips ont cessé.

 

Être le survivant de la mort d’un être cher, s’était comme marcher avec un grand vide durant la journée, puis tomber dans ce gouffre pendant la nuit.

 

Lorsque j’ai cessé de vivre dans le contexte de l’alcoolisme en phase active, j’ai commencé à découvrir combien la maladie de l’alcoolisme m’avait affecté. Au cours de ces mois-là, la seule personne que je voyais dans le miroir chaque matin, c’était moi. Mon programme a commencé à prendre un tout nouveau sens tandis que ma vie commençait à changer.

 

Après avoir travaillé sur les Douze Étapes pendant plusieurs années avec des Parrains et avoir appris à vivre avec des personnes qui mettent le programme en pratique, j’ai maintenant une vie qui surpasse mon imagination.

 

En rétrospective, comparé à aujourd’hui, il me semble que je connaissais bien plus de choses à mes débuts dans le programme. Plus je reste dans le programme, moins j’en sais, mais plus je semble progresser.

 

Pour moi, le rétablissement a été un cheminement plutôt qu’une destination. Le passé est mon expérience, mais maintenant, j’ai de la gratitude plutôt que du regret. Le présent est ma force et maintenant, je découvre le cadeau de la joie au lieu de la tristesse. L’avenir est mon espoir, car maintenant, je vois un horizon d’espoir plutôt que celui du désespoir.

 

Je me rappelle ce qu’un membre de longue date avait dit à mon arrivée dans le programme : « La mauvaise nouvelle, c’est que vous devez changer votre vie complètement. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez le faire “un jour à la fois”. » Regardant en arrière, je vois maintenant que la bonne nouvelle est que ma vie a complètement changé pour le mieux.

 

Par Bill D., Géorgie

The Forum, mai 2011

 

Permission accordée par The Forum, Al-Anon Family Group Headquarters, Inc., Virginia Beach, VA.

 

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